En l’absence de la convention relative à la gestion intégrée de la ressource en eau du bassin du lac Kivu et de la rivière Ruzizi, et de mécanisme institutionnel de coopération effectif, les efforts des Etats riverains demeurent inefficaces, contre l’accumulation de pressions écologiques et de vulnérabilités humaines dans le bassin transfrontalier Kivu-Ruzizi. Ce les résultats une étude publiée en octobre 2025 dans African Scientific Journal.
Quels sont les défis majeurs dans le bassin ?
À en croire Chirhuza Bagisha Michel, auteur et doctorant en Sciences juridique à l’Université du Burundi, le bassin Kivu-Ruzizi situé entre la République démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi est caractérisé par l’accumulation de plusieurs défis environnementaux majeurs, notamment la déforestation, pollution domestique et agricole, surpêche, risques géologiques, mais aussi la croissance démographique rapide et conflit d’usage.
Cependant, aucun cadre juridique commun pleinement opérationnel n’existe à ce jour pour organiser la protection et la gestion durable de ce bassin. Les conventions internationales, bien que pertinentes, restent souvent génériques ou inadaptés aux spécificités régionales, renchérit l’auteur.
Lire aussi: l’ampleur des pressions que subit le lac Kivu par les effluents de la Pharmakina
Pourtant, la convention relative à la gestion intégrée des ressources en eau du bassin du lac Kivu et de la rivière Ruzizi, signée le 4 novembre 2014 mais toujours non ratifié, a mis en place l’organisme intergouvernementale ABAKIR, qui pourrait constituer le pilier d’une gouvernance écologique partagée dans le bassin Kivu-Ruzizi. Défaut de ratification, cette instrument juridique reste inerte et sans pouvoir effectif.
Comment combler le vide juridique et institutionnel ?
L’auteur pense que la convention d’ABAKIR offre une réponse structurelle à cette impasse. En intégrant les principes fondamentaux du droit international de l’environnement, coopération, équité, prévention, gestion intégrée, elle pose les bases d’une gouvernance écologique régionale crédible.
Il pense aussi que ratifier la convention ABAKIR, c’est engager la région des Grands Lacs dans une dynamique de gouvernance partagée, fondée sur le droit, la science et la prévention. C’est aussi reconnaître que la souveraineté, face à la complexité écologique et à l’interdépendance hydrologique, ne peut s’exercer que dans le respect de la solidarité régionale.
La convention d’ABAKIR pourrait ainsi servir de modèle de référence pour d’autres initiatives régionales, à l’instar de celles du lac Tchad ou du fleuve Sénégal, en favorisant une intégration écologique fondée sur la coopération, la solidarité et la responsabilité partagée, conclut l’auteur.
Joël Mubake
