Une étude récente menée par Valens Habimana, chercheur au département de chimie, faculté des sciences de l’Université du Rwanda et ses collègues, révèle que certains poissons du lac Kivu contienent des métaux lourds en quantités préoccupantes, mettant en lumière un risque potentiel pour la santé des populations locales. Il s’agit d’Oreochromis niloticus (Tilapia),Haplochromis scheffersi (Ndugu) et Labeo victorianus.
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Le lac Kivu, qui alimente en poisson des millions de personnes vivant sur ses rives, est depuis longtemps une source majeure de protéines et de revenus pour les pêcheurs locaux. mais l’étude réalisée à Rubavu, Karongi et Rusizi au Rwanda, et publiée dans la revue Food Science & Nutrition, indique que le mercure, le cadmium et le chrome sont présents dans plusieurs espèces consommées quotidiennement.
Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont prélevé 13 espèces de poissons et ont analysé leurs tissus grâce à une spectrométrie de pointe capable de mesurer avec précision des métaux lourds. Les résultats montrent que 77 % des espèces étudiées présentent un risque pour les adultes, et plus de 75 % pour les enfants.
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Selon les auteurs, la situation reflète la pollution croissante du lac et souligne le besoin urgent de surveillance environnementale et de sensibilisation des populations sur les risques associés à certaines espèces.
Cette étude s’inscrit dans un contexte plus large de gestion durable des ressources aquatiques dans la région des Grands Lacs, où la pêche artisanale reste une activité clé pour la sécurité alimentaire. Les chercheurs recommandent également de réduire la pollution industrielle et domestique pour limiter l’accumulation de métaux lourds dans le lac.
Les communautés riveraines sont désormais invitées à repenser leurs habitudes de consommation, tandis que les autorités locales sont encouragées à mettre en place un contrôle régulier de la qualité des poissons pour prévenir les risques sanitaires.
Joël Mubake
