Une étude réalisée par les chercheurs de l’Université Évangélique en Afrique, et publiée en mars 2026 dans le Journal égyptien de recherche aquatique, révèle que le tilapia du Nil de Kamituga présente des dépôts d’hémosidérine élevés dans le foie. Ce qui suggère une exposition aux métaux lourds et soulève des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire et à l’intégrité des écosystèmes.
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Cette étude, réalisée sur 144 spécimens de tilapia du Nil à Mwenga Centre, Kamituga, Kibé et Kitutu, renseigne que la chair du tilapia est l’organe le plus touché et que l’effet est particulièrement marqué à Kamituga.
Une accumulation d’hémosidérine due à un stockage excessif de fer a été détectée dans les muscles squelettiques striés et le foie, probablement à la suite d’une exposition aux métaux lourds, renseigne Dieudonné Wasso, auteur principal et chercheur au département des Sciences animales de l’Université Évangélique en Afrique.
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Ces résultats soulignent la nécessité d’une surveillance continue et de l’atténuation des impacts environnementaux de l’exploitation minière sur les écosystèmes aquatiques à Mwenga, renchérit l’auteur.
Pour rappel, les recherches antérieures ont renseigent que des concentrations élevées de mercure causent des dommages nucléaires et cellulaires chez l’homme, et en Afrique du Sud, la consommation fréquente de poisson contaminé par les activités minières a été associée à des risques cancérogènes et non cancérogènes.
Enfin, l’auteur recommande particulièrement la mise en place d’évaluations régulières de la qualité de l’eau dans les étangs à tilapia, la promotion de pratiques aquacoles durables pour réduire l’exposition aux polluants, la mise en place de programmes de surveillance communautaire, ainsi que la conservation et la sélection de souches saines de tilapia du Nil afin de maintenir la diversité morphométrique et génétique.
Joël Mubake
