Les plantations d’Eucalyptus, bien que couramment utilisées pour leur rentabilité et leur rapidité de croissance, empêchent la croissance et la germination (allélopathie) de la diversité des espèces végétales du sous-bois à Kalehe, en République démocratique du Congo. Ce sont les résultats d’une étude réalisée par Adolphe Akuzwe Bashambala, chercheur au Centre Régional d’Etudes Interdisciplinaires Appliquées au Développement Durable et son équipe, et publiée en décembre 2025 dans la revue écosystèmes et paysages.
À en croire ces chercheurs, la population locale du village de Kasheke, groupement de Mbinga-Sud, territoire de Kalehe au Sud-Kivu en République Démocratique du Congo remplace la végétation naturelle par la monoculture d’Eucalyptus. Ces plantations entraînent souvent la coupe d’arbres indigènes pour faire place aux Eucalyptus, aggravant ainsi la déforestation et la perte d’habitats naturels.
Quelle influence sur les communautés végétales indigènes?
En évaluant l’influence du couvert végétal d’Eucalyptus sur la diversité floristique du sous-bois dans les plantations agropastorales de Lemera, les auteurs découvrent que les plantations d’Eucalyptus favorisent principalement le développement d’espèces herbacées adaptées à des sols pauvres et acides au détriment des espèces ligneuses.
Ces scientifiques découvrent aussi que les peuplements plus âgés d’Eucalyptus présentent une biodiversité du sous-bois significativement réduite. Ce phénomène peut être attribué à l’effet cumulatif de l’allélopathie, de l’acidification progressive des sols et de l’accumulation de la litière, limitant la germination et la régénération des espèces locales, renseignent précisent les chercheurs.
Lire aussi: Dans le cœur vert du Congo, les Bonobos luttent pour survivre : ce que révèle une étude de 20 ans
Que recommandent ces auteurs ?
Pour ces auteurs, ces résultats suggèrent que les plantations d’Eucalyptus, si elles ne sont pas gérées de manière intégrée, peuvent altérer la dynamique naturelle de la végétation et compromettre la durabilité écologique des écosystèmes forestiers.
En conclusion, ils recommandent la mise en place d’un ensemble d’actions concrètes et spécifiques visant à atténuer l’impact négatif des plantations d’Eucalyptus sur la biodiversité floristique du sous-bois et à promouvoir des pratiques de gestion forestière plus durables dans la province du Sud-Kivu.
Joël Mubake
