Une récente étude menée dans une forêt afromontagnarde du parc national de Nyungwe, au Rwanda, et publiée en janvier 2026 dans Journal of Ecology montre que les impacts de foudre constituent une source importante de perturbations naturelles dans ces forêts encore peu étudiées. La foudre ne représente pas seulement un phénomène spectaculaire du climat : elle peut aussi provoquer la mort d’arbres et transformer la structure des écosystèmes forestiers.
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Evan M. Gora, chercheur à l’Institut Cary d’études des écosystèmes, Milbrook de New York au Etats-unis et son équipe ont découvert que les éclairs frappent beaucoup plus souvent les zones élevées du paysage. Les crêtes seraient environ six fois plus exposées aux impacts que les vallées. Toutefois, lorsque la foudre frappe dans les zones basses, les dégâts observés sur les arbres peuvent être plus importants, suggérant que la topographie influence à la fois la fréquence et la gravité des perturbations.
Les résultats de cette étude révèlent également que toutes les espèces d’arbres ne réagissent pas de la même manière face à la foudre. Certaines, comme celles du genre Syzygium, semblent subir moins de dommages que d’autres espèces présentes dans la forêt. Ces différences pourraient être liées à la structure du bois, à la taille des arbres ou à d’autres caractéristiques biologiques encore mal comprises.
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Au-delà de la destruction immédiate des arbres, la foudre joue aussi un rôle écologique important. En créant des ouvertures dans la canopée, elle favorise l’entrée de lumière et la régénération de nouvelles plantes, participant ainsi au renouvellement naturel de la forêt. Cette découverte souligne l’importance de mieux intégrer les perturbations naturelles, comme la foudre, dans la compréhension et la conservation des forêts tropicales africaines.
Joël Mubake
