Dans les forêts proches de la zone protégée proposée de Foya, au Libéria, un projet de recherche tente de répondre à une question essentielle pour la conservation : comment exploiter la viande de brousse sans mettre en péril la faune sauvage ?
Depuis le mois de février 2026, Rodrigue Batumike, doctorant et chercheur au Centre de Recherche en Ecologie et Gestion des Ecosystèmes Terrestres (CREGET) de l’université officielle de Bukavu, mène une étude afin d’identifier les espèces animales les plus chassées, d’évaluer la présence de la faune dans la forêt et de mieux comprendre les pratiques de chasse locales. L’objectif est de produire des connaissances scientifiques utiles pour concilier sécurité alimentaire des communautés et protection de la biodiversité.
Pour étudier la faune sans perturber les animaux, Rodrique et son équipe utilisent des technologies modernes comme les pièges photographiques, qui capturent des images des animaux lorsqu’ils passent devant un capteur, ainsi que des capteurs acoustiques passifs capables d’enregistrer les sons de la forêt. Ces outils permettent de détecter des espèces parfois difficiles à observer directement. Ces chercheurs complètent ces données par des entretiens semi-structurés avec les chasseurs, afin de comprendre les techniques utilisées et les motivations liées à la chasse de la viande de brousse.
Ce travail est mené en partenariat avec la Forestry Development Authority et la Society for the Conservation of Nature of Liberia, ainsi qu’avec les communautés locales. Dans ce cadre, deux rangers, six éco-gardes et vingt chasseurs issus de trois villages ont été formés à l’utilisation des pièges photographiques, des capteurs acoustiques et des GPS portables pour suivre leurs déplacements dans la forêt. Cette approche participative renforce les compétences locales en suivi écologique, un objectif central du programme Afrifor.
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Au-delà de la recherche scientifique, ce projet repose sur une conviction forte : la conservation fonctionne mieux lorsque les communautés sont impliquées. En comprenant leur rôle dans l’exploitation des ressources naturelles et en participant au suivi de la faune, les habitants deviennent des acteurs clés de la protection de leur propre environnement.
Dans une région où la forêt représente à la fois une source de subsistance et un patrimoine naturel unique, cette collaboration pourrait ouvrir la voie à une gestion plus durable de la faune et des forêts, déclare Rodrigue Batumike.
Joël Mubake
